Les Dodinous au Québec
Écureuils éventreurs de poubelles et escaladeurs de moustiquaires,
sirop d'érable, météo extrême,
découvertes et Dindonneries en tout genre...
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L'un des thèmes de l'actualité actuelle d'ici tourne autour de la laïcité et des signes apparents d'appartenance religieuse -- ça vous dit peut-être quelque chose... Sauf qu'ici, on est plus "tolérant" : par exemple la Cour suprême du Canada a déclaré qu'une école (publique évidemment) ne pouvait interdire à un Hindou d'arborer un kirpan, espèce de couteau recourbé genre sabre en plus petit.
Je vous livre maintenant un extrait de La Presse d'aujourd'hui, en me passant de commentaires puisque la dame décrit très bien la situation.
C'est (...) l'histoire d'un Africain et d'un Chinois.L'Africain s'appelle Shams Nebba-Dim. Un chauffeur de taxi originaire de l'Érythrée qui vit au Québec depuis plus de 30 ans. Chrétien de naissance, il se convertit à l'islam en 1987. Il troque alors le complet-cravate pour le "saroual-kamiz", une longue tunique sur un pantalon bouffant portée traditionnellement en Afrique du Nord. Des vêtements propres èa sa nouvelle identité religieuse, dit-il.
Et le Chinois ? (...) Le Chinois est en fait un Vietnamien de naissance, Québécois d'adoption. Il s'appelle Yung Cuong. Il dirige la compagnie de taxi pour laquelle travaille l'Africain. Tout se passe bien jusqu'à ce que notre chauffeur de taxi en "saroual-kamiz" demande à son employeur de travailler comme chauffeur VIP -- un travail plus payant en saison estivale, puisqu'il inclut de nombreuses courses à l'aéroport. On refuse sa demande. Qu'il travaille comme chauffeur de taxi "ordinaire" en boubou ou en tutu, à la limite, on n'a rien contre. Mais s'il veut être chauffeur VIP, il lui faut respecter un code vestimentaire plus strict (complet-cravate). N'est-ce pas ce que font d'ailleurs sans chifner la vingtaine de chauffeurs VIP musulmans employés par la même compagnie ?
Se sentant tout de même victime de discrimination, le chauffeur porte plainte devant la Commission des droits de la personne. Il demande le droit d'être le premier chauffeur VIP du Québec en "saroual-kamiz". Il plaide que ce costume ample, acheté ici-même à Montréal, lui permet de s'agenouiller aisément pour faire ses prières. Et puis, tant qu'à y être, il demande aussi compensation pour pertes financières...
Le directeur de la compagnie de taxi est convoqué devant la Commission. Furieux qu'on le soupçonne de racisme, il s'y présente avec un chapeau pointu traditionnel chinois. Il y est accompagné de six inspecteurs de sa compagnie de différentes origines, dont un musulman, un juif, un asiatique et un Québécois de souche. Une représentation digne d'une pub de Patrimoine Canada.
Devant les employés de la Commission le voyant débarquer avec son chapeau pointu, M. Cuong lance : "Surtout ne riez pas, je vais vous traiter de racistes ! Je vais faire un scandale !" Le but de la mise en scène ? Démontrer par l'absurde la futilité de la revendication de son employé...
Mais, manque de chance, le médiateur de la Commission était aveugle raconte-t-il.
L'effet "turlututu chapeau pointu" tombait un peu à plat... (...)
Savoureux, non ?
Mais je peux vous dire que, si en France on craint de monter les gens les uns contre les autres par excès de zèle républicain, ici, on craint exactement la même chose (une "balkanisation de la société" comme dit l'auteure de l'article) pour les raisons inverses -- soit par excès de tolérance...
Comme le dit fort bien la journaliste, "le réel danger (...) c'est qu'à la longue ces histoires finalement bien anecdotiques en viennent à faire croire à la population que la majorité des immigrants pssent leur temps à scruter la Charte (des droits et libertés) pour revendiquer le droit de porter le saroual ou de se laver les pieds dans le lavabo des toilettes publiques."
(Des étudiants musulmans ont demandé que leur université/école (je ne me rappelle plus très bien) mette à leur disposition un bassin pour se laver les pieds avant de faire leur prière... demande qui a été acceptée.)
C'était l'intermède "je vous cultive". À bientôt pour de nouveaux coups de bêche...
Ils ont dit...