Bon, question déballage, nous y voilà : les déménageurs sont partis, tout le monde est content, et nous avons de l'ouvrage en perspective. Et pas de la petite !
Tout d'abord, ouvrir et vérifier que tout y est et/ou n'est pas cassé : nous avons 3 jours pour une éventuelle déclaration à l'assurance si quelque chose était cassé ou manquant. Heureusement que nous n'avons que le contenu d'un 2-pièces. Bonne nouvelle, tout y est -- même les couverts à salade, que nous avons fini par retrouver parmi les chaussettes de ski (ce n'est pas moi qui ai fait ce carton-là !!).
Seconde étape : sortir les affaires des caisses. Ah, le bonheur de pouvoir ranger les vêtements dans un placard, au lieu de devoir fouiller dans la valise tous les matins ! Ah, se retrouver avec SA table à manger, SES assiettes et couverts, SES torchons-avec-taches-importées-directement-d'Europe ! Et surtout : oh, la joie de pouvoir déballer, admirer et ranger dans un endroit prévu tout exprès la belle vaisselle de notre mariage -- on y aura mis presque 4 ans tout de même, qui dit mieux ?
Troisième étape : faire participer Dodinou Ier. D'ailleurs, il ne demande que ça : voir l'amoncellement de caisses dans son salon, ça le rend malade. Du coup, il donne un fier coup de main -- enfin, surtout sur la partie "j'ouvre les cartons à grands coups de cutter", ainsi que, accessoirement, sur celle de "je sors les choses que JE trouve intéressantes et je jette les emballages quelque part". "Quelqu'un" finira sans doute par éprouver le besoin de les ranger...
Quatrième étape : il n'y a pas que les grands dans la vie. Et le petit Dindonneau, lui aussi, aide avec enthousiasme. Même pas besoin de le lui demander. Le problème serait plutôt de l'en empêcher... Pour illustrer cela, mettons-nous en situation.
Emballés (c'est le cas de le dire) par le fait de déballer nos affaires et de s'étonner du style "Tiens, on avait ça aussi ?" (c'est comme de déballer des cadeaux de Noël, avec les mêmes surprises et, éventuellement, les mêmes déceptions), nous passons à l'attaque et coupons le papier-bulles et les kilomètres de scotch-tape qui entourent les meubles. Dindonneau, fidèle à sa réputation d'explorateur sans peur et sans reproche, décide qu'il est grand temps de nous apporter son aide et s'installe donc à nos pieds, prêt à attraper les emballages qui tombent. Afin de nous simplifier la tâche, il entreprend de les rouler en boule (ben quoi, maman elle fait bien ça avant de les mettre dans les sacs poubelle, non ?)... ... ... mais reste dedans. D'où les emballages qui se promènent tous seuls dans la pièce... Gare au tri intempestif !
Pleins de bonne volonté, nous ouvrons à présent le coffre de notre canapé-lit qui contient une couette et des oreillers. Ceci afin de vérifier que les derniers ustensiles que nous cherchons n'y auraient pas été cachés par les déménageurs, ces farceurs. Comme il y a quelque chose d'ouvert et d'apparemment intéressant (puisque ça absorbe l'attention de papa et maman), le Dindonneau s'avance d'un rampement décidé, nous démontre l'habileté qu'il a développée ces derniers jours à se mettre debout en moins de 2 secondes, et plonge la tête la première dans l'amas de choses molles qui s'offrent à son esprit expérimentateur. Plummmmmsack ! (les initiés comprendront) Le plus dur est évidemment de retrouver son équilibre pour en sortir...
Dernière chose déballée, notre table basse de salon. Pour ceux qui ne l'ont jamais vue, il s'agit en gros d'un cube allongé dont il n'y aurait que les arêtes (2 plaques de verre superposées en font une vraie table, il ne reste plus qu'à les trouver). Le tout est très léger et monté sur roulettes. Notre petit Dindonneau est tranquillement assis dans un coin, occupé à redécouvrir les jouets qu'il n'avait pas vus depuis presque 2 mois. Je ne sais pas s'ils lui ont autant manqué qu'à nous les meubles. Soudain, sans doute pris par une envie pressante d'aller vérifier que son père et sa mère ne font pas de bêtises, il décide qu'il serait opportun de se déplacer. Or, pour cela, il faut surmonter un obstacle qui s'est mis en travers de son chemin entre-temps : la table basse. Hmmm. Regard perplexe. Si on pousse dessus, ça bouge un peu, mais pour pouvoir sortir de son coin, il faudrait pousser beaucoup. Bon, ben, plus qu'une seule solution... la plus simple... passer à travers. Oh, c'est facile : il suffit d'escalader l'arête inférieure de votre côté, tout en prenant garde de vous cogner la tête sur celle qui la surplombe. Vous vous trouvez ainsi à l'intérieur de la table. Puis, après avoir analysé la situation, vous réitérez l'opération pour en sortir, de préférence en évitant de re-franchir la même arête qu'à l'aller. Vous vous trouvez alors à l'extérieur, et, avec un peu de chance, du bon côté. Et vous voilà à nouveau libre de gambader à votre guise ! (Soit dit en passant, c'est une technique qu'il met au point depuis un certain temps en tentant de passer à travers les chaises sur lesquelles nous sommes assis. Il a essayé de la mettre en oeuvre pour traverser les paniers (voir les photos), mais ça n'a pas trop fonctionné, faut dire aussi que le fond n'est pas très plat et plutôt étroit...)
Avant de pouvoir remplir les quelques placards que compte notre appartement, nous faisons les choses comme il faut et passons un coup d'aspirateur. Ceux qui connaissent le Dindonneau savent que celui-ci est un de ses grands amis. Dès que je le passe, il le suit, toutes affaires cessantes, et vérifie sans arrêt que le fil est bien accroché et que le "wwwwwwououououou" est bien en marche. Donc, nous sortons l'aspirateur et allons pour le mettre en route. Or, misère, un petit bitoniau (un lettré saurait-il comment ça s'écrit exactement ?) a sauté et le couvercle de la chose, qui donne accès au sac, n'est maintenant plus bloqué. Autrement dit, en tirant sur le tuyau, on ouvre la bête. Dodinou Ier, qui trouve très amusant de se faire suivre par son héritier-vérificateur-technique, prend la situation à l'absurde et engage une conversation en soulevant le couvercle en rythme. Papa : (voix caverneuse) Bonvvour Gabriel, comment vas-tu ? Ve fuis l'aspirateeeuuuuurwwwww... Gabriel : (étonnement manifeste en regardant son ami à tuyau) Ttttaaa ????? Papa : Vvvoui, tu m'as reconnuwwww. Gabriel : (quelques coups d'oeil entre-temps vers son paternel pour vérifier la provenance de la voix, puis conclusion hilare et triomphante) Hatttaaaaaa !! Dadadadadadadadaaanda !!
Moralité : l'embêtant avec ce petit-là, c'est qu'il a oublié d'être bête. Avec sa mère, ça promet de saines soirées d'explications foireuses sur les questions existentielles qu'il se/me posera...
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